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Ministère du Logement : la nomination de Vincent Jeanbrun suscite attentes et réactions dans la profession

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Deux semaines après l'annonce surprise de Valérie Létard, qui déclarait sur LinkedIn ne pas souhaiter réintégrer le Gouvernement, estimant que le logement n'y figurait ni parmi les priorités affichées ni dans la composition ministérielle, le flou autour du pilotage de ce secteur stratégique avait suscité de vives interrogations : y aura-t-il un ministre pour sauver l'immobilier ?

Face aux inquiétudes grandissantes du secteur quant à l'absence de cap politique, le gouvernement Lecornu a procédé, le 12 octobre, à la nomination de Vincent Jeanbrun au poste de ministre chargé De la Ville et du Logement. Une désignation qui, dans un contexte de crise et de turbulences, suscite à la fois espoirs et réserves. Si certains y voient un signal positif, d'autres s'interrogent sur la capacité du nouveau ministre à répondre aux nombreux défis qui l'attendent. L'Union sociale pour l'habitat, notamment, rappelle l'ampleur des enjeux. Tour d'horizon des premières réactions et des attentes d'un secteur en quête de stabilité.

Un profil politique affirmé face à un secteur en tension

Vincent Jeanbrun, député (ex-Les Républicains) du Val-de-Marne, a été nommé ministre de la Ville et du Logement dans le deuxième gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu. Cette nomination, qui lui a valu son exclusion du parti LR, le place au cœur d'un ministère exposé, alors que le secteur attend des décisions concrètes sur plusieurs dossiers urgents.

Parmi eux : la suite donnée au plan de fiabilisation du Diagnostic de performance énergétique (DPE), amorcé par Valérie Létard au printemps dernier. Deux rapports clés, ceux de Daniel Labaronne sur la création d'un ordre des diagnostiqueurs et d'Henry Buzy-Cazaux sur leur formation, doivent être remis dans les semaines à venir. Le ministre opérera sous la supervision du pôle Transition écologique, désormais dirigé par Monique Barbut, avec Mathieu Lefèvre comme ministre délégué.

Âgé de 40 ans, élu maire de L'Haÿ-les-Roses en 2014, Vincent Jeanbrun s'est rapidement imposé comme une figure politique montante, cumulant depuis 2015 un mandat de conseiller régional d'Île-de-France. Proche de Valérie Pécresse, il a exercé des fonctions stratégiques au sein de l'exécutif régional, notamment comme vice-président.

Sa trajectoire politique est étroitement liée aux enjeux de politique urbaine, de sécurité et de logement. S'il a porté plusieurs projets ambitieux de réaménagement, certains ont aussi suscité des oppositions locales et des controverses. Sur LinkedIn, Marc Ezrati, fondateur du think tank immobilier Les Fréquences, dresse un portrait sans détour : « Jeanbrun, lui, c'est du concret : maire de L'Haÿ-les-Roses pendant dix ans, élu du Val-de-Marne, député, homme de terrain, du vrai, celui qui a connu les barres HLM de près. Il connaît les logements... jusqu'à leur attribution, diront certains avec malice. »

Aujourd'hui, sa nomination est suivie de près par les professionnels de l'immobilier, qui attendent de lui des orientations claires et un positionnement fort face aux urgences du secteur.

Le secteur immobilier alerte, mais tend la main au nouveau ministre

Nommé ministre de la Ville et du Logement dans un contexte particulièrement tendu, Vincent Jeanbrun prend les rênes d'un portefeuille stratégique alors que le secteur traverse une crise profonde : effondrement de la construction, tensions locatives et désengagement des investisseurs. Face à ces urgences, les acteurs de l'immobilier attendent des mesures rapides, lisibles et structurantes pour amorcer une reprise.

Dès le lendemain de la nomination de Vincent Jeanbrun, Danielle Dubrac, présidente de l'Union des syndicats de l'immobilier (UNIS), a appelé à la mise en place urgente d'un statut fiscal attractif pour encourager l'investissement locatif, aussi bien dans le neuf que dans l'ancien rénové. Une mesure qu'elle juge indispensable pour compenser la suppression du dispositif Pinel, dont l'arrêt a provoqué une chute marquée des ventes en VEFA (vente en l'état futur d'achèvement), qui ne représentent désormais qu'une part marginale du marché. Cette situation affaiblit nettement l'offre locative privée, déjà sous tension.

Réagissant rapidement, le 17 octobre, Vincent Jeanbrun a publié un communiqué sur LinkedIn annonçant que le Gouvernement déposera un amendement au projet de loi de finances pour 2026 afin de créer un « statut de bailleur privé ». Ce nouveau dispositif fiscal vise à encourager la construction et la rénovation de logements locatifs, présentés comme un levier gagnant à la fois pour les propriétaires, les locataires, l'économie, l'emploi et la transition écologique.

« Cette nouvelle mesure, portée par le Gouvernement, repose sur un principe simple : faire du logement un levier gagnant pour tous. » souligne le ministre dans le communiqué.
L'Union sociale pour l'habitat (USH), de son côté, souligne dans un communiqué les nombreux défis qui attendent le ministre : relance de la production de logements sociaux, accélération de la rénovation thermique, et clarification du rôle de l'État dans le financement des aides à la pierre, pilier essentiel du très social. L'organisation rappelle également l'urgence de planifier le futur renouvellement urbain. Tout en dressant ce constat, l'USH se dit prête à coopérer pleinement : « L'Union sociale pour l'habitat se tient à la disposition du Gouvernement pour avancer sur ces dossiers. »

Même tonalité du côté de la FNAIM, qui appelle à des mesures concrètes et lisibles. Dans un post publié sur LinkedIn, la Fédération insiste sur la nécessité de relancer la production, de restaurer la confiance, de soutenir le marché locatif et de rendre l'accession à la propriété à nouveau possible pour les ménages. Les enjeux sont clairement identifiés, les dossiers déjà sur la table. Reste désormais à voir quelles orientations prendra Vincent Jeanbrun. Le secteur, inquiet mais mobilisé, attend des actes forts.

Si de nombreux professionnels affichent leur volonté de collaborer, d'autres expriment des doutes quant à la capacité du nouveau ministre à répondre à l'ampleur des enjeux, soulignant un manque de visibilité sur la stratégie à venir.

Nomination de Vincent Jeanbrun : les professionnels réagissent

La nomination de Vincent Jeanbrun comme ministre de la Ville et du Logement n'a pas tardé à faire réagir les professionnels du secteur. Sur LinkedIn, Olivier Ducelier, directeur du développement chez Les Diagnostics Immobiliers, n'a pas mâché ses mots.

Il interpelle directement le nouveau ministre sur le sujet sensible du DPE, qualifiant ses effets de « désastre ». « Les diaboliques du DPE attendent le nouveau ministre... pour signer la suite du désastre », écrit-il, avant de questionner : « Qui est la véritable force à l'œuvre derrière chaque DPE ? »
Selon lui, le ministre serait devenu « otage » de la loi Climat et Résilience, contraint de signer des arrêtés sans en maîtriser pleinement le contenu. Une pique finale particulièrement marquante : « Le diable n'est pas dans les résultats du DPE... il les a écrits, plume à la main, dans l'ombre d'un ministère. »

Ce ton critique tranche avec l'attentisme prudent d'autres professionnels. Carol Galivel, présidente de l'agence de communication Galivel & Associés, se montre plus mesurée, tout en soulignant l'ampleur du défi.

Sur son compte LinkedIn, elle écrit : « Espérons que Vincent Jeanbrun, tout nouveau ministre de la Ville et du Logement sera en mesure de s'attaquer à la crise. Mais rien n'est moins certain, connaissant le peu d'appétence du locataire de l'Elysées et des occupants successifs de Matignon pour la pierre...» Une façon de rappeler que les blocages sont autant politiques que techniques.

Au-delà des réactions individuelles, ces prises de position traduisent une attente profonde du secteur, marqué par une succession de ministres aux marges de manœuvre souvent restreintes. Aujourd'hui, les professionnels réclament des engagements pérennes et des moyens concrets pour faire face aux urgences du logement.

DPE, fiscalité, offre locative, accession à la propriété, production de logements sociaux : autant de dossiers majeurs qui appellent des décisions claires et une impulsion politique forte, portée au plus haut sommet de l'État.

Dans ce climat mêlé de doute et d'attentes, les professionnels oscillent entre scepticisme et espoir. La parole du ministre sera donc scrutée dans les semaines à venir, mais c'est surtout sa capacité à passer à l'action et à peser réellement dans l'arène gouvernementale qui déterminera la suite.

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